Boyaux. Boyaux. Boyaux atones.
Boyaux déroulant la lente béance placide des flots aphones.
Une armée de steaks mutants aux
dents pointues s’abat sur les claires franges du jour. À coups de dents ils
déchirent.
L’immonde biologie fait des
gargouillis au creux amniotique du silence.
Œsophagite, charcuterie, et autres moelleuses
équations.
Qui veut du boudin ?
Le gosier enfin troué, Vlanck crachera le sang doux
de son délicieux cadavre.
Les hackers nécrophages se chargeront de ses restes
dans le Cloud.
Qui veut du boudin ?
Le cosmos est une grosse farce obscène,
fripouillerie lugubre, ridicule, pensa Vlanck en débitant une belle tranche de
fesse en tendres petits lardons appétissants.
Les foies mutants envahissent les
ascenseurs des startups où ils branlent l’anus du futur, pendant que des
milliards de couilles et de vulves dégorgent des flots immondes de pixels
recyclés en monnaies amorphes.
Boyaux. Boyaux tendus écartelés sur le verbe. Boyaux
tiraillés triturés cisaillés pour l'éclat blanc du cadavre strié de la prose — foie
ahuri dans les cryptes pierreuses de l'est profond.
Des pixels pourrissent lentement au fond du firmament.
Androïdes avortés, connectés en réseaux anti-plasmatiques.
Les synapses de l’horreur entubent les cellules
souches du devenir crypté. L’algorithme de la putréfaction binaire se branle en
gros plans HTML.
Code anal valide.
Extase activée le long du vortex rectal…
— Des cafards noirs annoncent le nom aveugle du
fœtus menaçant.
Vlanck sent sa propre chair qui palpite… tiédeur de
ses doigts, de ses cuisses… l’angoisse qui point dans les tripes. Maintenant.
Boyaux. Boyaux déchiquetés en douces images sourdes
et aveugles... seuls les viscères s'écoulent dans le silence écarlate du rien —
le souffle perpétue l'agonie transperçant le pancréas du flux — cancer et
stupre copulent dans le substrat ondulé où trémule le Wi-Fi de la mort.
Extrait de
La Chair crue qui s'illumine de Younisos
Disponible ici :
