vendredi 15 février 2019

La chair crue qui s'illumine / Prélude


Boyaux. Boyaux. Boyaux atones. Boyaux déroulant la lente béance placide des flots aphones.
Une armée de steaks mutants aux dents pointues s’abat sur les claires franges du jour. À coups de dents ils déchirent.
L’immonde biologie fait des gargouillis au creux amniotique du silence.
Œsophagite, charcuterie, et autres moelleuses équations.
Qui veut du boudin ?
Le gosier enfin troué, Vlanck crachera le sang doux de son délicieux cadavre.
Les hackers nécrophages se chargeront de ses restes dans le Cloud.
Qui veut du boudin ?
Le cosmos est une grosse farce obscène, fripouillerie lugubre, ridicule, pensa Vlanck en débitant une belle tranche de fesse en tendres petits lardons appétissants.

Les foies mutants envahissent les ascenseurs des startups où ils branlent l’anus du futur, pendant que des milliards de couilles et de vulves dégorgent des flots immondes de pixels recyclés en monnaies amorphes.


Boyaux. Boyaux tendus écartelés sur le verbe. Boyaux tiraillés triturés cisaillés pour l'éclat blanc du cadavre strié de la prose — foie ahuri dans les cryptes pierreuses de l'est profond.
Des pixels pourrissent lentement au fond du firmament. Androïdes avortés, connectés en réseaux anti-plasmatiques.
Les synapses de l’horreur entubent les cellules souches du devenir crypté. L’algorithme de la putréfaction binaire se branle en gros plans HTML.
Code anal valide.
Extase activée le long du vortex rectal…
— Des cafards noirs annoncent le nom aveugle du fœtus menaçant.

Vlanck sent sa propre chair qui palpite… tiédeur de ses doigts, de ses cuisses… l’angoisse qui point dans les tripes. Maintenant.

Boyaux. Boyaux déchiquetés en douces images sourdes et aveugles... seuls les viscères s'écoulent dans le silence écarlate du rien — le souffle perpétue l'agonie transperçant le pancréas du flux — cancer et stupre copulent dans le substrat ondulé où trémule le Wi-Fi de la mort.



Extrait de 
La Chair crue qui s'illumine  de Younisos  

 Disponible ici :



  





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire